Littérature

Dante

Yannick Rolandeau

 

L'enfer

Le lieu de la Divine Comédie est l'univers entier.

Dans l'hémisphère boréal se creuse un entonnoir d'énormes dimensions dont la pointe aboutit au centre de gravité du globe, là, siège, Dité, l'ange du mal.

L'Enfer se décompose en 9 cercles. Ces cercles sont des terrasses circulaires de plus en plus étroites, en retrait les unes des autres, séparées par d'abruptes falaises et réparties en 4 régions différentes.

- L'Achéron, fossé de l'enfer qui débouche dans les Limbes, séjour des âmes qui ne connurent pas la vraie foi. Dante passe dans le second cercle où séjournent les luxurieux et se réveille dans le troisième cercle, celui des gourmands et grâce à un éboulis, il accède au quatrième, celui des prodigues et avares. Virgile fait suivre à Dante le lit d'un torrent creusé par le ruisseau du Styx où se trouvent les colériques et les rancuniers, le cinquième cercle.

- Dité. Virgile et Dante y accèdent, par une barque conduite par Phlégyas. Ils arrivent à une enceinte circulaire, la ville de Dité, capitale de l'enfer. Là, ils rencontrent, les hérétiques (sixième cercle) et au septième cercle, les violents bouillant dans une rivière de sang (le Phlégéton) divisé en trois girons (premier giron les violents contre le prochain, dans sa personne ou dans ses biens, deuxième giron, les suicidés changés en arbres épineux, troisième giron, les violents contre Dieu divisés en blasphémateurs, intellectuels, sodomites et usuriers. Pour passer l'abîme, Virgile appelle un des gardiens de l'enfer, Géryon, monstre volant, qui les prend sur son dos et les dépose à la troisième région de l'Enfer et huitième cercle..

- Malesfosses: c'est une région composée de 10 fosses concentriques, toutes inclinées vers le centre de l'abîme, séparées par des digues que l'on franchit par des ponts de rocher qui partent de la falaise et enjambent les fosses pour aboutir au point central. Les Trompeurs y séjournent (séducteurs et ruffians (I), flatteurs et adulateurs (2), simoniaques (3), devins et sorciers (4), concussionnaires et prévaricateurs (5), hypocrites (6), voleurs (7), conseillers et fraudeurs (8), semeurs de scandales et de schisme (9) et alchimistes (10) (simulateurs et faux-monnayeurs). Au centre de Malesfosses, se trouve la quatrième région et neuvième cercle, un nouveau puits gardé par le géant Antée:

- Le cocyte est un marais gelé, reparti en 4 zones: la Caïnie(traîtres à leurs parents), l'Anténore(traîtres à leur patrie), la Ptolémaïe(traîtres à leurs hôtes), la Judaïe(traîtres à leurs bienfaiteurs). Au centre du marais, planté jusqu'à mi-corps dans la glace, se dresse Lucifer (Dité).

 

  • PROLOGUE: Vendredi saint, 8 avril 1300

C'est le soir. Dante, égaré dans une forêt obscure, s’efforce pour en sortir, de gravir une colline lumineuse. Un guépard (en italien lonza: lonza symbolise la luxure, le lion, l'orgueil et la louve, l'avarice. (interprétation du Moyen Age et de la Renaissance) Selon Francesco Flamini, la panthère signifie la méchanceté, l'amour du mal pour le mal; le lion veut dire le mal, pratiqué violemment à la façon des brutes et la louve, la simple incontinence, c'est-à-dire l'impuissance de l'homme à résister à la tentation si la grâce lui fait défaut.) un lion, une louve s’opposent tour à tour à son passage et lui font rebrousser chemin. Paraît Virgile, qui le persuade, pour échapper à ces périls, de visiter les royaumes éternels. Il offre de le conduire lui-même dans l’Enfer et dans le Purgatoire, et Béatrice lui montrera le Paradis. Le Vautre: c'est un chien ardent et rablé que l'on emploie spécialement à la chasse des fauves, sangliers et loups. Dante va prédire le triomphe du Vautre sur la Louve: c'est peut être le Christ lui-même. Au sens anagogique, la louve serait l'image de la simonie de la cour romaine, origine pour Dante, de la décadence de l'église et des moeurs. Le Vautre serait aussi un empereur, qui reprenant en main le pouvoir temporel, réduirait le Pape au seul exercice, qui soit légitime pour lui, du pouvoir spirituel. (I)

Dante s’arrête: il s’inquiète des difficultés et des périls du voyage entrepris. «Pour dissiper tes craintes, lui dit Virgile, apprends qu’on s’intéresse à toi dans le ciel. Une vierge sainte, ange de sensibilité et de clémence, voyant ton égarement, t’a recommandé à Lucie; Lucie, à son tour, s’est adressée à Béatrice, qui elle-même, est venue me trouver dans les Limbes pour me prier de courir à ton secours." Dante, rassuré, se remet en route avec plus d'ardeur sur les pas de son guide. (II)

Dante arrive avec Virgile à la porte de l'Enfer. Après en avoir lu la terrible inscription, il entre. Dès les premiers pas, en quelque sorte dans les corridors de l'Enfer, dont les abîmes leur sont fermés comme le ciel, il rencontre les âmes de ces hommes également incapables de bien et de mal qui ont tenu leur existence neutre et lâche à l'écart de tous les partis, loin de tous les périls. Dans ce lieu de leur abjection, ils courent à la suite d'un étendard emporté dans un tourbillon. Des insectes les harcèlent et des vers boivent à leurs pieds le sang qui coule des piqûres. Dante arrive ensuite au bord de l'Achéron, où il se trouve le nocher Caron et les âmes qui traversent le fleuve dans sa nacelle. Succombant à tant d'émotions, il tombe et s'endort. (III)

 

  • PREMIER CERCLE: LES LIMBES (IV)

Dante descend avec Virgile dans le premier cercle de l'Enfer, où sont les Limbes. Là sont renfermées, sans autre tourment qu'une sourde langueur, qu'un désir de bonheur sans espérance, les âmes de tous ceux qui n'ont pas reçu le baptème. C'est le séjour habité par Virgile. Les ombres des grands poètes profanes, Homère en tête, viennent à sa rencontre. Dante partage les honneurs qu'on rend à son maître,et, mêlé à cette glorieuse troupe, il est conduit dans une enceinte particulière du Limbe où sont rassemblées à part les ombres des grands hommes. Il les contemple avec admiration. Virgile l'entraîne hors du Limbe.

 

  • DEUXIEME CERCLE: LES PECHEURS DE LA CHAIR (V)

Au seuil du second cercle, Dante trouve Minos qui juge toutes les âmes coupables. Il entre dans le cercle où sont punis les voluptueux. Ils sont emportés dans un éternel ouragan. Dante reconnaît Françoise de Rimini; elle lui raconte son histoire. A ce récit, Dante, sous l'empire d'une émotion trop forte, tombe, comme inanimé.

 

  • TROISIEME CERCLE: LES GOURMANDS (VI)

Arrivée au troisième cercle, où sont punis les gourmands. Le monstre Cerbère est commis à leur garde: il les assourdit de ses aboiements, les harcèle et les mord. En même temps sur les ombres pécheresses tombe une pluie éternelle mêlée de grêle et de neige. Dante rencontre parmi les damnés un Florentin fameux par sa gourmandise, et l'interroge sur l'issue des discordes intestines qui déchirent Florence.

 

  • QUATRIEME CERCLE: LES AVARES ET PRODIGUES (VII)

Au seuil du quatrième cercle, Dante est arrêté par Plutus, démon de l'avarice et gardien de ce séjour. Le monstre s'apaise à la voix de Virgile et Dante s'avance dans le cercle. L'enceinte est occupée, moitié par les avares, moitié par les prodigues. Ils poussent devant eux d'énormes poids de tout l'effort de leur poitrine, courant à la rencontre des uns des autres, s'entreheurtant et se reprochant le vice contraire qui les sépare. En présence des tourments de ces âmes que la richesse a perdues, Virgile dépeint à Dante.

 

  • CINQUIEME CERCLE: LES COLERIQUES, LES RANCUNIERS OU MELANCOLIQUES (VII, VIII)

Ils passent au cinquième cercle et arrivent au bord des eaux stagnantes du Styx, où sont plongées les ombres de ceux qui se sont livrés à la colère ou à la paresse. Les colériques, tout nus dans le marais fétide, luttent ensemble et s'entre-déchirent. Les paresseux, plongés dans la vase, soupirent une plainte étouffée. Les deux poètes arrivent au pied d'une tour.

 

  • A LA PORTE DE DITE (VIII)

Une barque paraît sur le lac, répondant à des signaux partis de la tour. C'est la barque du démon Phlégias. Virgile et Dante y montent et traversent le styx. Pendant le trajet, ils rencontrent l'ombre de Philippe Argenti, Florentin fameux par ses emportements. Il est assailli par les autres ombres furieuse, et disparaît bientôt dans la bourbe. Les deux poètes débarquent devant la cité de Dité. Des démons menaçants en défendent le seuil; mais Virgile rassure Dante en lui annonçant un divin auxiliaire qui triomphera de leur résistance.

 

  • SIXIEME CERCLE: LES HERETIQUES (IX, X)

Arrêtés devant les portes de Dité, effrayés par l'apparition des Furies, les deux poètes sont enfin secourus par l'ange envoyé du ciel. Ils entrent dans la cité. C'est le séjour où sont punis les incrédules, plongés dans des tombeaux brûlants. Dante s'avance avec Virgile entre ces tombes et les murailles de la cité.

Au milieu des tombeaux brûlants où sont plongés les partisans d'Epicure, un fantôme s'est dressé: c'est l'ombre de Farinata Uberti, ce héros qui, à la tête des Gibelins, gagna la fameuse bataille de Mont-Aperti. Près de lui, se soulève en même temps l'ombre de Cavalcanti, père de Guido, l'ami de Dante, qui cherche en vain son fils à coté du poète, et, le croyant mort, retombe désolé dans son sépulcre. L'autre fantôme, tout entier à l'amour de la patrie, au souvenir des luttes auxquelles il a été mêlé et auxquelles Dante sera mêlé à son tour, prédit au poète ses malheurs et son exil.

 

  • SEPTIEME CERCLE: LES VIOLENTS (XI)

Les deux poètes arrivent au bord du septième siècle. Les exhalaisons fétides qui sortent de l'abîme les forcent de ralentir leur marche. Virgile profite de temps d'arrêt pour faire à Dante la topographie des lieux qu'ils ont encore à parcourir. Ils vont descendre dans trois cercles à ceux qu'ils ont traversés; dans le premier (le septième de tout l'Enfer), sont les violents; mais comme il y a trois sortes de violence, selon qu'elle s'exerce contre Dieu, contre le prochain ou contre soi-même, le premier cercle est divisé en trois degrés. Dans le second cercle, sont les fourbes; dans le dernier, les doubles fourbes, les traîtres. Dante hasarde quelques questions: Pourquoi les Voluptueux, les furieux, les gloutons, les intempérants de toutes sortes ne sont-ils pas dans la cité de feu? Comment Virgile a-t-il pu dire que l'usure est une violence contre Dieu? Virgile répond à tout en appuyant à la fois ses raisonnements sur le philosophie d'Aristote et sur les Saintes Ecritures.

 

  • PREMIER GIRON: LES VIOLENTS CONTRE LE PROCHAIN, DANS SA PERSONNE OU DANS SES BIENS. (XII)

Entrée dans le premier des trois degrés qui divisent le septième cercle; le Minotaure qui en garde les abords est écarté par Virgile. Là, les âmes de ceux qui furent violents contre le prochain sont plongées dans une fosse remplie de sang bouillant. Au bord courent les Centaures tout armés , et percent de leurs flèches celles qui tentent d'en sortir. L'un d'eux accompagne les deux poètes le long de des rives, leur nommant çà et là les coupables damnés, brigands, assassins et tyrans, et leur fait passer à gué la fosse sanglante.

 

  • DEUXIEME GIRON: LES VIOLENTS CONTRE EUX-MÊMES (SUICIDES) ET CONTRE LEURS PROPRES BIENS (XIII)

Entrée dans le second degré du cercle de la violence, où sont châtiés ceux qui furent violents contre eux-mêmes: suicidés et dissipateurs insensés. Les âmes des suicidés sont emprisonnés dns des arbres et des buissons où les Harpies font leur nid et dont elles dévorent le feuillage. En effet, Dante ayant arraché une branche d'un de ces arbres, le tronc saigne et une voix plaintive s'en échappe, la voix de Pierre des Vignes qui raconte son histoire, sa mort involontaire et son châtiment. Un peu plus loin, le poète voit des ombres poursuivies et mises en pièce par des chiennes furieuses: c'est le supplice infligé aux dissipateurs; il reconnaît le Siennois Lano et le Padouan Jacques de Saint-André. Ce dernier a cherché un vain refuge derrière un buisson. Le buisson, qui renferme un suicidé, devient lui-même la proie des chiens.

 

  • TROISIEME GIRON: LES VIOLENTS CONTRE DIEU. (XIV)

Troisième degré du septième cercle, séjour des violents de la troisième espèce, de ceux qui ont fait violence aux lois de dieu, de la Nature et de l'Art. C'est une lande aride, couverte d'un sable brûlant; une pluie de flammes y tombe sur les damnés. Dante aperçoit l'impie Capanée, dont les tortures n'ont pas brisé l'orgueil et qui blasphème encore. Tandis que les poètes, poursuivant leur route, suivent la lisière de la forêt, un fleuve rouge et bouillant jaillit devant eux: c'est le PHLEGETHON. Virgile explique à Dante l'origine merveilleuse de ce fleuve et des autres fleuves de l'Enfer. Ils sont formés des larmes de l'Humanité ou du Temps, symbolisé sous la figure d'un vieillard. Les deux poètes marchent sur la berge du fleuve, où la pluie de feu s'amortit.

 

1/ LES BLASPHEMATEURS (XIV).

Une nouvelle troupe de damnés fixe l'attention de Dante. Ce sont les Sodomites, coupables du péché qui outrage violemment les lois de la Nature. Parmi eux, il reconnaît avec émotion son vieux maître Brunetto Latini, qui lui prédit sa gloire et son exil, et, au milieu de ses compagnons de douleur, clercs et savants docteurs pour la plupart, lui désigne les plus fameux.

 

2/ LES INTELLECTUELS (XV)

  Rencontre et entretien avec Brunetto Latino.

3/ LES SODOMITES, CONTRE LA NATURE

Parvenu presque aux limites du troisième et dernier degré, où déjà il entend le fracas de l'eau qui tombe en bouillonnant dans le huitième cercle, le poète rencontre les ombres de quelques guerriers florentins qu'a souillés aussi le péché contre nature. Ils l'interrogent avec inquiètude sur le sort de leur patrie et Dante leur confirme la triste vérité. Puis il continue sa route; le bruit de l'eau se rapproche; enfin, il arrive au bord du gouffre profond; Virgile y jette une corde; à ce signal, un monstre, épouvantable apparition, se lève du gouffre.

 

4/ LES USURIERS (XVII)

Description du monstre Géryon, qui vient d'apparaître comme une image de la Fourbe. Tandis que Virgile s'arrête auprès de lui pour réclamer le secours de ses larges épaules, Dante s'avance un peu plus loin pour considérer les usuriers, ces pêcheurs qui ont outragé violemment la Nature et l'Art, et Dieu par conséquent. Couchés misérablement sur le sable brûlant et sous la pluie de feu, ils portent à leur cou une bourse dont ils semblent repaître leur vue. Chaque bourse est marquée des armoiries du damné et sert à le faire reconnaître. Dante rejoint Virgile, et, non sans effroi, descend avec lui dans le huitième cercle sur le dos de Géryon.

 

  • HUITIEME CERCLE: LES TROMPEURS (XVIII) MALESFOSSES

Dante et Virgile sont descendus dans le huitième cercle, le cercle de la fourbe, appelé Malebolge (fosses maudites). Il est divisé en dix fossés concentriques creusés sur un plan incliné et aboutissant à un puits large et profond. Des rochers s'élèvent en arc au-dessus de ces fossés et les relient entre eux jusqu'au puits qui les termine. Descendu du dos du monstre Géryon, Dante s'engage avec Virgile sur ce pont naturel, et sous ses arches il va voir circuler successivement les damnés des dix bolges ou fossés.

 

  • PREMIERE FOSSE: RUFFIANS ET SEDUCTEURS (XVIII)

Dans le premier fossé, les pêcheurs marchent ou plutôt ils courent harcelés et fouettés par les démons. Dante reconnaît un citoyen de Bologne, une sorte de fourbe entremetteur qui avait fait marché de sa sœur.

 

  • DEUXIEME FOSSE: FLATTEURS ET ADULATEURS (XVIII)

Plus loin, au milieu des fourbes qui ont pratiqué la séduction, Jason se fait remarquer par son grand air et sa royale attitude. Les deux poètes, en suivant toujours le pont de rochers, atteignent le second fossé, hideux cloaque d'immondices où sont plongés les flatteurs.

 

  • TROISIEME FOSSE: LES SIMONIAQUES (XIX).

Arrivés à la troisième fosse, où sont enfermés les simoniaques qui trafiquent des choses saintes. Ils sont plongés dans des trous étroits, la tête en bas, les pieds en l'air et flambants. A mesure qu'un pêcheur arrive, comme un clou chasse l'autre, il pousse plus au fond celui qui l'a précédé. Virgile porte Dante jusqu'au bord d'un de ces trous, d'où sortent les jambes d'un damné qui s'agite plus violemment que les autres. C'est le pape Nicolas III. En entendant approcher Dante, il le prend pour boniface VIII qui lui a succédé sur la terre et qui doit aussi le rejoindre et prendre sa place en Enfer. Le poète le détrompe, et ne pouvant contenir son indignation, il accable d'énergiques imprécations le pontife prévaricateur.

 

  • QUATRIEME FOSSE: DEVINS ET SORCIERS (XX)

Ici sont punis les sorciers et les devins, autre espèce de fourbes. Leur tête est disloquée et tournée du coté du dos; ils ne peuvent plus regarder en arrière, eux qui sur la terre prétendaient voir si loin devant eux. Ils s'avancent en reculons en pleurant, et les pleurs qu'ils répandent tombent derrière eux. Virgile désigne à Dante les plus fameux d'entre ces damnés. Il retient son attention sur la sibylle Manto, qui a donné son nom à Mantoue, la patrie du poète romain.

 

  • CINQUIEME FOSSE: CONCUSSIONNAIRES ET PREVARICATEURS (XXI, XXII).

Ici les autres fourbes et prévaricateurs. Ils sont plongés dans une poix bouillante, des troupes de démons les surveillent du bord et repoussent à coup de fourche au fond de l'ardent bitume les malheureux qui essayent de remonter à la surface. En voyant s'approcher Dante et Virgile, ces démons se précipitent sur eux en fureur; Virgile les apaise. Le chef de la troupe noire apprend alors aux voyageurs que le pont de rochers est brisé un peu plus loin et ne peut plus leur servir de passage. Il leur indique un détour qu'ils devront suivre, et leur donne une escorte.

Dante et Virgile, escortés par les démons, continuent leur route et font tout le tour du cinquième fossé. Episode grotesque: Un damné du pays de Navarre, qui par malheur a sorti da tête au-dessus du lac de bitume, est saisi par les démons; il va être mis en pièces, quand il s'avise d'une ruse qui lui réussit. Il propose d'attirer à la surface, en sifflant plusieurs de ces compagnons toscans et lombards; à cette proposition, les démons, qui se flattent d'avoir à déchirer une proie plus considérable, lâchent prise et se tiennent à l'écart pour ne pas effaroucher les victimes qui leur sont promises. Mais le navarrais, délivré de leurs griffes, s'élance dans la poix et disparaît. Les démons, furieux le poursuivent sans réussir à l'atteindre , se battent entre eux, et finissent par tomber eux-mêmes dans la poix bouillante.

 

  • SIXIEME FOSSE: HYPOCRITES (XXIII).

Dante et Virgile, délivrés de leur terrible escorte, descendent dans le sixième fossé, séjour des hypocrites. Les ombres de ces damnés s'avancent lentement, couvertes d'amples chapes qui semblent au dehors brillantes et dorées, mais qui sont de plomb et dont le poids les écrase. Dante interroge deux de ces ombres: ce sont celles de deux moines de l'ordre des Joyeux. Un peu plus loin, il voit un damné crucifié et couché par terre et que les autres ombres foulent en passant: c'est Caïphe, grand prêtre des juifs; au lieu de porter la chape, il endure le supplice qu'il infligea à Jésus Christ. Tous les membres du sanhédrin qui participèrent à la sentence, faux zélés comme lui, sont condamnés à la même torture.

 

  • SEPTIEME FOSSE: LES VOLEURS (XXIV, XXV)

Dante, soutenu par Virgile, arrive en suivant une montée escarpée et pénible au septième fossé, où sont punis les voleurs. Les ombres s'enfuient nus et épouvantées dans l'enceinte jonchée d'horribles reptiles qui les poursuivent; les atteignent, les enlacent de leurs anneaux. Dante en voit une, qui sous la piqûre d'un serpent, tombe consumé sur le sol et renaît sur-le-champ de ses cendres. L'ombre se fait connaître: c'est Vanni Fucci, un voleur sacrilège; il prédit à Dante le triomphe des Noirs, à Florence, qui devait précéder l'exil du poète.

Le voleur ayant achevé de parler, s'enfuit en blasphémant; un Centaure, vomissant des flammes, le poursuit. Trois autres esprits se présentent. Un reptile monstrueux s'élance sur l'un d'eux, l'enveloppe, l'embrasse dans une horrible étreinte, tant que les deux substances finissent par se confondre. Un autre serpent vient percer l'un des deux autres esprits, et ici, par une métamorphose d'un nouveau genre, l'homme devient serpent et le serpent se change en homme.

 

  • HUITIEME FOSSE: CONSEILLERS ET FRAUDEURS (XXVI, XXVII)

Les deux hommes sont arrivés à la huitième fosse; ils y voient briller une infinité de flammes dont chacune enveloppe comme un vêtement, un pécheur qu'elle dérobe à la vue. C'est ainsi que sont punis les fourbes, mauvais conseillers, instigateurs de perfidie et de trahison. Une de ces langues de feu, se partageant comme en deux branches vers son extrémité, renferme deux ombres à la fois, celle d'Ulysse et celle de Diomède. A la prière de Virgile, Ulysse raconte ses courses aventureuses, son naufrage et sa mort.

Ulysse s'éloigne; une autre ombre du même fossé s'avance en gémissant, emprisonnée également dans une flamme. C'est le fameux comte Guido de Montefeltro. Il interroge Dante sur le sort de la Romagne, sa patrie, et lui fait le récit de ses fautes qu'il expie si cruellement dans le fossé des mauvais conseillers.

 

  • NEUVIEME FOSSE: SEMEURS DE SCANDALES ET DE SCHISME ( XXVIII).

Ici sont punis les fourbes qui divisent les hommes hérésiarques, faux prophètes, fauteurs de scandales et de discordes. Leur châtiment est analogue à leur crime. Leurs membres, coupés et divisés à coups de glaive, pendent plus ou moins mutilés, plus ou moins séparés de leur corps, selon qu'ils ont excité de plus ou moins graves divisions sur la Terre. Rencontre de Mahomet, de Bertrand de Born et d'autres damnés de la même catégorie.

 

  • DIXIEME FOSSE: LES ACHIMISTES (XXIX)

Les deux poètes arrivent à la cîme du pont qui domine le dernier des dix fossés du cercle de la Fourbe. Assaillis par des plaintes déchirantes, ils descendent jusqu'au bord du fossé et découvrent des âmes gisant et se traînant, rongées d'ulcères, dévorées par la lèpre. Cette lèpre, alliage impur de leur chair, rappellee leur crime. Ce sont les alchimistes et les faussaires. Deux de ces damnés, Griffolino d'Arezzo et Capocchio, attirent l'attention de Dante.

 

SIMULATEURS (XXX)

Capocchio parle encore, quand deux ombres furieuses courent sur lui, le mordent et le terrassent. Ce sont des faussaires d'une nouvelle espèce qui ont contrefait les personnes en se faisant passer pour d'autres.

 

FAUX MONNAYEURS (XXX)

Un peu plus loin, Dante aperçoit Maître Adam, un faux monnayeur; une horrible hydropisie altère son sang et déforme son corps. Près de lui, deux damnés gisent ensemble; ils sont brûlés d'une fièvre ardente, et, comme l'hydropique, dévorés de soif. Ce sont des faussaires d'une autre espèce encore, des falsificateurs de la vérité, faussaires en paroles. Maître Adam les dénonce à Dante: l'une est la femme de Putiphar, l'autre le perfide grec Sinon, par qui Troie fut prise. Une rixe s'élève entre Maître Adam et Simon. Virgile arrache Dante à cet ignoble spectacle

 

  • DU HUITIEME AU NEUVIEME CERCLE. (XXXI)

Les deux poètes ont vu successivement dix fossés du cercle des fourbes, le huitième de tout l'enfer. Ils vont descendre maintenant au neuvième, celui des traîtres. C'est ce puits annoncé au commencement du dix-huitième chant. Il est divisé en quatre girons ou zones différentes. Aux abords du gouffre, tout à l'entour, se tiennent des géants mythologiques et antédiluviens. Les deux poètes, portés dans les bras de l'un des géants descendent dans le puits.

 

  • NEUVIEME CERCLE: LES TRAITRES (XXXII)

 

LA CAÏNIE (TRAÎTRES A LEURS PARENTS) (XXXII)

Les ombres des traîtres grelottent au milieu d'un lac glacé. Dante et son guide passent d'abord par la Caïne, première zone du cercle, celle des traîtres envers leurs parents; différentes ombres y attirent leur attention.

 

L'ANTENORE (TRAÎTRES A LEUR CITE) (XXXII, XXXIII)

Puis, marchant toujours sur le lac glacé, ils arrivent à Antenora, la zone des traîtres à leur patrie. Dante heurte du pied un damné qui a honte de dire son nom: une fois reconnu, il signale au poète plusieurs de ses compagnons. Tout à coup, deux pécheurs apparaissent sortant la tête d'un même trou. L'un dévore le crâne de l'autre. Le poète demande à l'ombre forcenée le motif de sa rage.

 

LA PTOLEMAÏE (TRAÎTRES A LEURS HÔTES) (XXXIII)

Récit d'Ugolin.

Dante et Virgile arrivent à la Ptolemaïe, troisième division du cercle des traîtres, zone des traîtres envers leurs hôtes. Les têtes des pêcheurs sont renversées en arrière, leurs pleurs gèlent dans leurs yeux. Dante s'étonne de rencontrer frère Albéric, un damné qu'il croyait encore en vie sur la terre. Le damné lui apprend que l'âme des traîtres de son espèce est souvent, par un châtiment anticipé, précipité en Enfer avant l'heure de la mort; un démon vient alors prendre la place de l'âme traîtresse et s'établir dans le corps qu'elle a abandonné et qui paraît en vie sur la terre.

 

LA JUDAÏE (TRAÎTRES A LEUR BIENFAITEUR) (XXXIV)

La Giudecca, zone de Judas, dernière division du neuvième et dernier cercle, séjour des traîtres envers leurs bienfaiteurs. La glace les recouvre tout entiers. Au centre du glacier, le centre aussi de l'univers, se tient Lucifer. Description de l'ange déchu. Il a triple visage et dans chacune de ses trois gueules il dévore un traître: Brutus et Cassius, les ingrats assassins de César, et Judas le déicide. Les deux poètes sortent de l'enfer.

 

 

Bibliographie