Cinéma

Woody Allen

Yannick Rolandeau

 

Interview parue dans la Revue Positif N°456 février 1999 à propos de Celebrity. Retrouver Woody Allen dans les numéros 143 (Bananas), 161, 444 (Woody et les Robots), 175, 189, 444 (Guerre et amour), 199, 205, 215 (Annie Hall), 215 (Intérieurs), 222, 444 (Manhattan), 238 (Stardust memories, Lily la tigresse), 261 (comédie érotique d'une nuit d'été), 272 (Zelig), 279 (Broadway Danny rose), 292, 348 (La rose pourpre du Caire), 304 (Hannah et ses soeurs), 326 (Radio days et September), 338, 444 (Une autre femme), 339 (New York stories), 348 (Crimes et délits), 362 (Alice), 372 (Ombres et brouillard), 382 (Maris et femmes), 392 (Meurtre mystérieux à Manhattan), 405, 408 (Coups de feu sur Broadway), 421 (Maudite Aphrodite), 432 (Tout le monde dit I Love you), 444 (Harry dans tous ses états), 453, 456 (Celebrity), 465 (Accords et désaccords), 478 (Escrocs mais pas trop). Et 222, 279, 408, 432, 444, 456 (Entretiens avec Woody Allen), 180, 348, 408, 432, 444 (Etudes sur Woody Allen), 348, 382 (Textes de Woody Allen), 152 (divers), 444 (Wild man blues), bibliographie (298).

MICHEL CIMENT et YANN TOBIN*

* Entretien réalisé à l'hôtel Ritz, à Paris, le 23 décembre 1998, et traduit de l'anglais par Yann Tobin.

MICHEL CIMENT et YANN TOBIN : Était-ce vraiment une bonne idée de projeter Celebrity en ouverture du festival de New York, devant un public qui se voyait moqué à l'écran ?

WOODY ALLEN : Ce n'était pas mon idée, bien sûr, mais celle de Miramax ! On ne peut pas échapper au fait que je suis une célébrité, que plein de gens célèbres apparaissent dans le film, et que c'est le sujet même de Celebrity. Dans mon film, je critique la célébrité, mais surtout celle qui me paraît usurpée. Il y a des célébrités qui méritent tout à fait leur statut : Robert Redford, Jack Nicholson ou Barbra Streisand sont merveilleux et méritent d'être célèbres. Mais quand on allume la télévision américaine, on voit que chaque avocat du procès d'O. J. Simpson a son émission. N'importe quel cuisinier ou homme d'Église anime son propre programme le dimanche. N'importe quel chirurgien esthétique... n'importe quel criminel, idem ! C'est ce type de célébrités qui m'a incité à écrire sur le phénomène.

En France, à la télévision, nous avons une journaliste qui est mieux mise en valeur que les personnes qu'elle interroge, il y a son nom partout à l'écran...

Nous en avons l'équivalent. Il y a des chroniqueurs de cinéma qui deviennent plus connus que tous les acteurs ou les cinéastes dont ils parlent. La culture souffre énormément des fausses célébrités. Je ne pense pas que Monica Lewinski soit une célébrité légitime. Un homme qui a été pris en otage, et dont c'est le seul titre de gloire, revient aux États-Unis, on lui fait une parade, un contrat d'édition d'un million de dollars, des émissions de télé, les gens se battent pour son autographe. Comme le dit la vieille dame, dans mon film : tout ça pour quoi ? Parce qu'il a été capturé ?!!

Est-ce spécifique à la multiplication actuelle des médias ?

Oui, surtout la télévision. On disait naguère que des robots sophistiqués allaient remplacer les humains ; c'est ce qui se passe sur le petit écran ! Quand j'étais petit, on allumait le poste, il y avait dix chaînes, presque toutes intéressantes. Aujourd'hui, il y en a des centaines, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, tout le monde a le satellite... et c'est la télévision qui élit le président des États-Unis, qui vous dit qui est coupable ou innocent. Elle crée les informations au lieu de les transmettre. Dès votre réveil, quelle que soit l'heure, à six heures du matin, vous allumez votre télévision pour avoir la météo : le présentateur météo est une vedette, la présentatrice du journal est une sublime créature, et tout ce que vous voyez, c'est un psychanalyste célèbre, suivi d'un nutritionniste célèbre, et ainsi de suite. Incroyable ! Ils défilent toute la journée chez vous, de façon très présente, en haute définition... L'effet sur notre culture est déplorable, les valeurs sont totalement perverties. C'est choquant. La culture américaine doit vraiment se rendre compte que quelque chose est détraqué, quand tout le monde veut avoir l'autographe de Charles Manson ! Tous les deux ans, ce tueur psychopathe demande une permission en liberté sur- veillée. Les caméras de télévision y font une descente, c'est comme un événement sportif ; on l'analyse comme un match de football : aura-t-il ou non sa permission ? ... Ils se plantent là, ils attendent et en font tout un spectacle. Voilà qu'il se pointe... et n'obtient pas sa permission ; on le remet en prison. Deux ans après, ça revient : le pro- gramme Charles Manson ! C'est ce qui divertit l'Amérique. Nous avons aussi Télé-justice : ce sont de vrais procès. Des gens sont filmés en plein désarroi : une femme qui a tué sa fille, la victime d'un viol, la mère d'un assassin qui vient témoigner, etc. Ils sanglotent en direct. Puis il y a l'interruption publicitaire qui vend du papier hygiénique, et on revient à un avocat qui parle à la caméra : " Je crois qu'il en prendra pour vingt ans. " Un autre riposte : " Non, à mon avis, il sera exécuté, il y a la peine de mort dans cet État... " Exactement comme des actualités sportives. C'est ça, la célébrité ! C'est ce que tous les enfants regardent. Au moment où vous avez écrit le scénario, avez-vous pensé aux célébrités qui allaient jouer dans votre film ? Non, mais, en fait, l'emploi de célébrités était obligatoire : tous les acteurs principaux du film seraient automati- quement des vedettes. Kenneth Branagh ou Joe Mantegna sont des célébrités. Leo DiCaprio est une méga-célébrité... Mais j'ai écrit le film sans penser à eux.

Même Branagh ?

Au départ, je pensais à un Américain. Comme toujours, d'ailleurs, puisque j'écris de façon très idiomatique. Une fois le scénario terminé, on s'est demandé : qui allons-nous prendre ? Aucun comédien américain ne semblait convenir. Par tradition, les stars masculines de notre pays sont des héros : depuis Clark Gable, Gary Cooper et Jimmy Stewart jusqu'à Robert Redford, Robert De Niro ou Tom Cruise... Il n'y a pratiquement pas d'hommes simples, ordinaires et vulnérables. On s'est alors tourné vers la Grande-Bretagne. Le nom de Branagh a été mentionné... Un acteur formidable, mais pourrait-il prendre l'accent américain ? La réponse était oui, et nous l'avons engagé.

Vous n'avez jamais pensé incarner le personnage vous-même ?

Non, je suis trop vieux. J'ai soixante- trois ans. Le personnage en a quarante : à cet âge-là, vouloir changer de vie et chercher à vendre son premier scénario, c'est amusant. À soixante-trois ans, c'est tragique !

Mais c'est votre alter ego, jusqu'à sa façon de dire son texte...

Oui. Je voulais qu'il incarne un New- Yorkais à la fois névrosé, désespéré, drôle... Il le fait mieux que moi. Sans fausse modestie. Je pense que j'aurais pu être très drôle dans le rôle, mais grâce à son talent d'acteur, il sait rendre le personnage également triste, solitaire. Et il renonce à toute intégrité : il veut vendre à n'importe quel prix, il veut les femmes, les voitures... Kenneth Branagh est capable de faire passer tout cela, sans jamais rendre le personnage antipathique, même si on déplore ses attitudes. J'en aurais été incapable ; j'en aurais fait quelqu'un de plus comique, mais de moins intéressant.

Il nous rappelle d'autres alter ego comme John Cusack dans Coups de feu sur Broadway (1995), ou Joe Mantegna dans Alice (1990).

Dans certains cas, la similarité n'est pas si apparente. John Cusack, oui ; Joe Mantegna, moins. Pour Kenneth, c'est évident : si j'avais eu vingt ans de moins, je l'aurais fait en une minute. Je les engage, je regarde s'ils comprennent le rôle, et si c'est le cas, je les laisse faire. Et ils peuvent être aussi proches - ou aussi éloignés - de moi qu'ils le désirent, ça m'est égal qu'ils le jouent de façon totalement différente, ou au contraire, qu'ils s'approprient mon phrasé... Ce qui s'est passé, tout naturellement, avec Branagh. Je viens de terminer un film avec Sean Penn, dans lequel je ne jouais pas non plus ; lui, c'est mon exact contraire : vous n'y trouverez aucune trace de mimétisme.

Les comédiens britanniques sont très forts pour cela.

Et Kenneth a une excellente oreille. Il sait imiter des tas d'acteurs.

Avez-vous conçu son aspect physique ensemble ?

Non, il devait juste avoir l'air d'un écrivain new-yorkais. Comme moi : c'est comme ça qu'ils s'habillent !

Le personnage de Judy Davis prolonge ses précédentes collaborations avec vos, Maris et Femmes (1992) et Harry dans tous ses états (1997).

Judy. c'est mon type d'actrice : avec Diane Keaton et Diane Wiest, elle forme un trio de comédiennes idéal. Toujours intéressantes, toujours décalées. Capable de tous les registres, comique comme dramatique. Judy Davis joue des personnages plus névrosés que, mettons, Diane Keaton... Diane Keaton sait également jouer les névrosées, mais plus douces, moins sombres que Judy ou Diane Wiest.

Dans vos trois derniers films, vous semblez attacher moins d'importance qu'avant à l'histoire et aux contraintes du récit.

C'est par coïncidence. Quand j'avais eu l'idée de Coups de feu sur Broadway, l'histoire avait besoin d'une structure rigoureuse. De même que Meurtre mystérieux à Manhattan [1993] et Maudite Aphrodite [1995]. Ce n'était pas le cas pour Radio Days.

Dans Celebrity, vous procédez par juxtaposition de séquences, comme Fellini dans La dolce vita (1962).

Je l'avais déjà fait dans Hannah et ses sa urs. Le film avec Sean Penn est similaire. Mais si j'avais l'idée d'un film de hold-up, il nécessiterait sans doute un récit structuré.

Celebrity est votre septième film en noir et blanc. Le parti pris est facile à comprendre pour Zelig (1983), à cause de l'utilisation d'actualités, et pour Ombres et Brouillard (I992), qui recréait l'expressionnisme d'Europe cenlrale. Qu'en est-il ici ?

Simplement, je trouve ça beau ! On devrait continuer à tourner en noir et blanc. Mes films préférés sont tous en noir et blanc, qu'ils soient européens ou américains. Plus personne n'en fait, c'est ridicule. C'est une manière différente de photographier, avec un impact émotionnel propre. Je voulais de toute façon retravailler avec Sven, qui est un fantastique opérateur noir et blanc. Mais ça pose plein de problèmes techniques. Aucun laboratoire ne sait traiter le noir et blanc. Ils doivent mettre au point un bain spécial pour la pellicule, et puis ils raient le négatif... un cauchemar ! J'ai dû faire des retournages, ou donner le négatif à restaurer. On est passé par Technicolor en Europe, par la France... Et quand on en vient aux contretypes, c'est encore plus dur. Ils ne savent plus ce que c'est que travailler en noir et blanc !

Mais n'y a-t-il pas de raison formelle plus concrète de filmer Celebrity en noir et blanc, alors que, par exemple, Harry dans tous ses états, un film à la tonalité plus pessimiste et sombre, est en couleurs ?

Le procédé qu'en filmant ces êtres mythiques et célèbres, l'effet est renforcé. Dans La Rose pourpre du Caire [1986], les personnages qu'elle voit à l'écran sont en noir et blanc, alors que sa vie est en couleurs. Le monde du noir et blanc est plus grand que la vie : les téléphones blancs, les belles voitures, les super-jolies femmes... C'est un monde de glamour avec lequel j'ai grandi, au cinéma.

Dans Celebrity, vous explorez des milieux très variés...

Ce sont les milieux qui remplissent les pages de vos journaux : les défilés de mode, les vernissages, les premières au théâtre, les projections privées... tous les lieux auxquels le lecteur n'est pas convié. Et les gens pensent que s'ils y sont invités, leur vie va changer. Tous leurs problèmes vont disparaître, ils ne côtoieront que de belles filles, des hommes séduisants... Ils ne se rendent pas compte que la célébrité amène ses propres problèmes !

Vous parlez aussi de la célébrité à petite échelle, au sein d'une famille...

Exact. Chaque sphère a sa célébrité. Et chaque célébrité a ses privilèges. Dans une famille, on traite une célébrité comme le Messie : " Tu peux m'obtenir une réservation au restaurant .~ " C'est un mini-Dieu ! L'autre jour, une journaliste allemande m'a dit quelque chose de très vrai : " Nous sommes les membres d'une aristocratie triviale. " C'est exactement cela.

Vos personnages célèbres sont-ils directement inspirés de la réalité, comme le top model " pervers polymorphe " ?

Mais oui, c'est ce qu'on voit autour de nous. Ces femmes qui deviennent célèbres uniquement parce qu'elles sont d'une beauté renversante. Tout le monde les reconnaît dans la rue. Elles enregistrent des vidéos pour vous dire comment rester en forme, elles deviennent des expertes en diététique. C'est dément. Même phénomène avec les joueurs de basketball. Un jeune Noir déshérité de dix-neuf ans, qui a eu des difficultés scolaires, joue au basket dans la cour. Ils le sortent de l'école et lui donnent un contrat de 125 millions de dollars ! Ce gamin qui n'a jamais eu deux sous en poche devient, du jour au lendemain, le héros du pays, et gagne vingt fois plus que le président. Étrange culture...

Les rapports sexuels oraux, qui jouent un rôle dans plusieurs de vos derniers films, font maintenant partie de l'histoire des États-Unis...

La fellation est dans tous les esprits ! Je vis dans un pays très puritain, vous savez. Souvenez-vous que dans les années cinquante, un film de Preminger, La lune était bleue, a fait scandale à cause du mot " vierge ". Actuellement, n'importe quel chauffeur de taxi, n'importe quelle vieille dame, femme de ménage ou bonne soeur parle de fellation ! Le pays, tout à coup, a découvert l'usage de ce mot. Et maintenant, ils sont tous obsédés par ça. Il y a deux ou trois semaines, un État a abrogé une loi fédérale qui en faisait un crime, même entre deux époux ! C'est devenu comme le mot " vierge " en l953 : le sujet dont on parle le plus. Toutes les blagues qu'on raconte parlent de fellation !

Les prostituées sont plus que jamais présentes dans vos films.

Oui, depuis Diane Wiest dans La Rose pourpre du Caire. C'est un personnage que je trouve drôle et intéressant à l'écran. À cause de sa marginalité. Et ce sont toutes des prostituées sympathiques. C'est un cliché amusant qui vient de la littérature américaine.

Préférez-vous a écrire vos scénarios seul, ou alterner avec la coécriture ?

Je n'alterne pas, mais, une fois tous les cinq ans, ça m'amuse d'écrire avec quelqu'un d'autre. Sur une trentaine de films, j'ai dû travailler une demi- douzaine de fois avec des coscénaristes. Mais je préfère écrire seul.

Quel est le titre de ce prochain film, avec Sean Penn ?

Il n'en a pas encore. C'est un film sur le jazz...

C'est l'ancien projet dont vous nous aviez parlé ?

En effet, je voulais le tourner il y a trente ans. Je peux enfin le faire aujourd'hui, l'ayant complètement réécrit en supprimant les grosses erreurs que j'aurais faites à l'époque.

Vous nous aviez dit que vous hésitiez à le tourner à cause de son coût élevé.

Oui, ce fut un film cher. Le plus coûteux que j'aie jamais fait. Cela implique-t-il plus de pression, moins de liberté ? Pas pendant le tournage, mais ensuite, au moment de le vendre... Là, on est devenu un peu nerveux, quand Sweetland a dû négocier des contrats de distribution. Il y avait beaucoup d'argent à récupérer. Enfin... beaucoup d'argent à mon échelle, pas celle de Steven Spielberg ! Mais vous vous sentiez aussi libre que d'habitude pendant le tournage. Complètement. Quand j'ai fait mon premier film, Prends l'oseille et tire-toi [1969], j'avais un million de dollars de budget. Tout le monde me disait : " Tu n'es pas nerveux, un million de dollars, tu te rends compte ? " Et ce que je répondais, je le réponds encore maintenant : " Non, ça, ce sont les problèmes du comptable au bureau. " Moi, je me rends sur le plateau, et je travaille avec Sean Penn et Uma Thurman... Ce n'est qu'après que j'apprends que le film a coûté vingt-cinq millions de dollars ! Ce qui est énorme pour moi. Mes films, habituellement, ne dépassent pas quinze millions.

Vous dites parfois que vous en êtes conscient au moment de l'écriture.

C'est vrai. Quand j'écris le scénario, parfois, je pense à une scène et je me dis : " N'y pense même pas. Si tu tourne ça, le devis augmentera aussitôt de deux millions de dollars. " Et je la supprime d'emblée. Déjà Celebrity avait plus de personnages que mes films précédents, et beaucoup plus de figurants. C'était un film cher pour moi : vingt millions et demi, alors que ma limite devrait être seize. Avec un budget de quinze millions, je sais que tout le monde sera à l'aise, personne ne perdra d'argent. Dès que je dépasse, le risque commence. Mais vingt-cinq ! C'est trop pour moi. C'est que mon nouveau film contient beaucoup de musique ; Sean Penn a pris des cours de guitare pendant des mois. Et c'est un film à costumes... J'ai travaillé avec un merveilleux directeur de la photo : le Pékinois Zhao Fei, qui a fait l'image d'Épouses et Concubines [Zhang Yimou, 1991]. Je n'ai pas tourné avec un chef opérateur anglophone depuis plus de quinze ans. Carlo DiPalma ne parlait pas anglais, Sven Nykvist l'avait parlé, puis complètement oublié ! C'est la première fois que Zhao Fei quittait son pays, on lui a procuré un visa et une interprète !

Comment l'avez-vous choisi ?

Je connaissais son travail, que je trouvais magnifique. Habituellement, j'aime bien reprendre le même directeur photo. Pour Celebrity, Carlo DiPalma voulait faire une pause, il n'avait pas envie de revenir à New York. J'ai donc repris Sven. Mais il est fatigué, et parle de retraite ; je ne suis pas sûr qu'il refasse un film après celui-ci. Je devais donc en trouver un autre. S'il ne tenait qu'à moi, j'aurais fait tous mes films avec Gordon Willis, Carlo ou Sven. Et si Zhao Fei le veut bien, je retravaillerai avec lui le plus longtemps possible.